1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

DURAND Armand.- Vétérinaire militaire en retraite à Berrouaghia (Algérie).
Chevalier de la Légion d'honneur.
Ancien directeur de la smalah de Laghouat, des bergeries nationales, et des écoles professionnelles de Ben-Chicao, de Berrouaghia et de Moudjebeur.
Membre de l'Association vosgienne de Paris.
Après son tirage au Sort, M. Durand fit ses études à l'école vétérinaire d'Alfort et reçut le diplôme de vétérinaire. Il entra au service de l'armée, fut nommé au 1er régiment de chasseurs et y resta une année. A partir de 1856 jusqu'à sa retraite, M. Durand fut détaché de l'armée et chargé de missions successives et toujours dans les questions agricoles, depuis M. le maréchal Randon, gouverneur général de l'Algérie, jusqu'à M. Cambon, gouverneur actuel. Dans notre colonie, alors peu civilisée, il fonda et organisa des écoles professionnelles d'agriculture qu'il dirigea sous les auspices de l'État.
Il fit faire un pas considérable dans l'agriculture et l'élevage, ainsi qu'on peut s'en rendre compte en consultant les statistiques de 1856, lesquelles indiquent un chiffre d'exportation de 15 à 18 000 moutons de notre colonie, tandis que ce chiffre s'est aujourd'hui élevé à près de un million cinq cent mille.
A la suite de longues et patientes observations, il est arrivé à doter notre colonie d'un moyen de destruction radical à opposer à un de ses fléaux les plus redoutables : l'invasion des sauterelles.
Pendant 40 ans, M. Durand a exercé gratuitement, même pendant la période malheureuse de sa vie, et en fournissant la plupart du temps, à ses frais, les médicaments et matières de pansement aux colons et aux indigènes nécessiteux. Aussi malgré la succession de dix gouverneurs généraux de l'Algérie, ayant parfois des vues si différentes, il a su toujours s'acquérir leur confiance et se faire distinguer tant comme administrateur que comme agriculteur et économiste.
Lors de l'élection législative partielle, le 20 mai 1894, M. Durand, candidat républicain dans l'arrondissement de Neufchâteau, se désista au scrutin de ballottage, en faveur du candidat républicain le plus favorisé.