François Amédée DERAZEY

[ Mirecourt (88), 15/07/1841 – Amélie-les-Bains (66), 11/05/1912 ]

médecin

Biographie vosgienne

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

DERAZEY François Amédée.- Né à Mirecourt le 15 juillet 1841.

Médecin-principal de l'armée.

Engagé volontaire au 47e de ligne le 19 octobre 1860, il fut reçu élève de 2e année à l'École du service de santé militaire de Strasbourg le 8 novembre 1862. Lauréat du concours pour l'externat en 1864 et interne des hôpitaux civils en 1865. Docteur en médecine et stagiaire à l'École d'application du Val-de-Grâce en 1866.

Aide-major de 2e classe le 31 décembre de la même année, il fut affecté successivement aux hôpitaux de Marseille, puis de la division d'Alger (Orléansville pendant le choléra de 1867, Alger pendant le typhus de 1868, camp de l'Oued-Massin et Milianah).

Aide-major de 1re classe le 31 décembre 1868, il prit part : avec son régiment le 8e chasseurs à cheval, en août et septembre 1870, aux batailles de Mouzon et de Sedan (armée du Rhin) ; avec le 2e mixte de cavalerie légère, en novembre et décembre 1870 et janvier 1871, aux batailles de Coulmiers, de Patay, du Mans, etc. (armée de la Loire) ; avec le 2e chasseurs de marche, le 27 mars 1871, à la répression de l'émeute de Toulouse ; avec le 8e chasseurs à cheval, le 27 avril 1871, aux affaires de la Guillotière à Lyon ; avec l'ambulance du grand quartier général de l'armée de Versailles, puis avec celle du Mont-Valérien, à partir du 10 mai 1871, aux affaires contre la Commune de Paris. Passa ensuite à l'hôpital thermal d'Amélie-les-Bains, le 3 juillet 1871.

Médecin-major de 2e classe au choix le 13 mars 1873 et attaché au 88e de ligne. Reçu médecin des hôpitaux au concours de 1875 ; médecin traitant à Vichy en 1878, il fut affecté aux hôpitaux de la Division de Constantine, d'octobre 1878 à juin 1883 et médecin-chef à la Calle pendant l'expédition de Tunisie.

Médecin-major de 1re classe au choix le 3 août 1881. A l'hôpital de Marseille en 1884 pendant les épidémies cholérique et typhique, il organisa à Porquerolles en 1885-86 un hôpital de 300 lits où il traita d'abord les cholériques de l'escadre de la Méditerranée, puis les malades rapatriés du Tonkin.

Médecin principal de 2e classe le 31 juillet 1885. Médecin-chef de l'hospice de Nîmes du 5 novembre 1886 jusqu'à la fin de 1890, époque où il dût prendre prématurément sa retraite par suite d'infirmités contractées dans le service. Chargé seul en 1861, à Orléansville, du service de l'ambulance affectée aux cholériques civils et militaires, M. Derazey reçut à cette occasion une lettre de félicitations du préfet d'Alger. L'année suivante en 1868, pendant la grave épidémie du typhus exanthématique qui sévissait en Algérie, on lui confia le service de l'ambulance de la Casbah, à Alger, en collaboration avec son collègue Joubin qui succomba victime du fléau.

M. Derazey fut cité à l'ordre du 17e corps d'armée le 22 novembre 1873 pour sa conduite dans un incendie à Mirande (Gers). En 1881, il fut inscrit d'office au tableau pour l'admission dans la Légion d'honneur à la suite des services rendus pendant l'expédition de Tunisie, et la municipalité de La Calle vota en sa faveur une trousse d'honneur en reconnaissance de ses soins aux pauvres de la localité. En 1884, il fut inscrit d'office à la suite du tableau d'avancement au grade de principal pour services rendus pendant l'épidémie cholérique. En 1886, après le rapatriement des troupes du Tonkin, il reçut des témoignages de satisfaction du ministre de la Guerre.

M. Derazey est officier de la Légion d'honneur depuis le 31 décembre 1890 et commandeur du Nicham-Iftikar.


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