1930 —
Le Pays lorrain
A Saint-Dié s’est éteint dernièrement un journaliste et polémiste de talent, né à Saulxures-sur-Moselotte en 1847, M. Louis Colin, dont les oeuvres assez nombreuses révèlent un beau talent que les associations professionnelles et littéraires ont été unanimes à reconnaître.
Son dernier livre, on se le rappelle, a été Les Barbares à la trouée des Vosges, inspiré par la guerre dans sa bonne ville de Saint-Dié, où il s’était retiré depuis plus de vingt ans.
Il laisse la mémoire d’un homme de bien, simple et dévoué, d’un esprit très cultivé, très éclectique même et d’un fils fidèle et enthousiaste de sa petite patrie, les Vosges, qu’il a chantées en plus d’un de ses ouvrages.
[Le Pays Lorrain, février 1930, p. 127]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
COLIN (Louis), publiciste et poète
(Saulxures-sur-Moselotte, 20 mars 1847 - ...)
Né dans une ferme au hameau de la Moussière, il fait ses études aux petits séminaires de Châtel et d’Autrey et sa philosophie à Saint-Dié ; il renonce à l’état ecclésiastique, cherche carrière à Paris, y exerce divers métiers, devient professeur chez les Dominicains puis précepteur. Il tâte du journalisme en 1873 en écrivant dans l’Univers, le Monde, la France nouvelle, fait de la politique dans la droite cléricale pendant quelque temps avant de trouver sa voie définitive comme publiciste.
Il écrit sur des sujets aussi différents que la Question fromagère vosgienne et la Vie de Frère Joseph, le solitaire de Ventron. De nombreux almanachs sortent de sa plume féconde. En 1881, il poursuit la rédaction de l’Almanach de la gaîté, après la mort de J.-C. Docteur, son créateur. Il revient à la presse périodique en prêtant son concours à La Lecture au foyer, la Chronique de l’Est et la Gazette de l’Est. En 1889, il réside à Bolbec pour une campagne électorale. Il fonde en 1890 le Patriote orléanais et plus tard la Croix de la Mayenne.
Ses convictions religieuses s’affirment dans Le Parfum de Lourdes (1889) et Notre-Dame de Pontmain (1894). Ce polémiste catholique ne pouvait trouver de meilleur modèle qu’en la personne du poète Gilbert, à qui il consacre une de ses nombreuses notices. C’est à lui que revient l’idée d’ériger une statue du grand poète vosgien sur la place publique de Fontenoy-le-Château.
Bibl. : Jouve.- Dictionnaire biographique..., 1897.
[Pierre Heili].