1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges / Henri Jouve
CABLEY Charles Auguste.- Né à Auzainvillers le 21 novembre 1852.
Capitaine commandant la gendarmerie de l'arrondissement de Pont-Audemer (Eure).
Chevalier de la Légion d'honneur, décoré d'une médaille d'honneur (ou de sauvetage) en or, de première classe.
Engagé volontaire pour la durée de la guerres au 9e bataillon de chasseurs à pied, le 25 octobre 1870, caporal le 10 janvier 1871. Libéré le 12 mars 1871.
Engagé volontaire au même bataillon le 31 juillet 1871, comme chasseur de 2e classe. Caporal le 23 août 1871 ; caporal-fourrier le 20 septembre suivant et successivement : sergent-fourrier le 1er janvier 1872 ; sergent le 27 août ; sergent-major de 2e classe le 17 janvier 1873, élevé à la 1re classe le 1er mai 1873 et adjudant le 15 juillet 1874, il suivit lés cours de l'école des élèves officiers au camp d'Avor, en 1876 et obtint, à sa sortie, un certificat d'aptitude au grade d'officier. Il fut promu sous-lieutenant au 3e régiment d'infanterie le 4 août 1879. M. Cabley entra dans la gendarmerie et fut affecté au bataillon mobile le 23 avril 1882, il devint lieutenant à son corps le 23 avril 1884. Le 28 mars 1885, lors de la transformation de la gendarmerie mobile en légions fractionnées, M. Cabley fut placé à la suite de la légion de la garde républicaine le 29 août suivant, puis nommé au commandement de la section de Vierzon (Cher), où il débuta dans la gendarmerie départementale.
Quelques mois après, le 4 août 1886, éclatait à Vierzon une grève d'ouvriers métallurgistes, qui occasionnait des troubles très graves durant six mois. M. Cabley faisait respecter la loi, tout en évitant l'effusion du sang et se voyait, pour cela d'abord, cité à l'ordre de la légion, ainsi que sa troupe. La citation disait notamment : La gendarmerie a dû intervenir énergiquement pour établir l'ordre et assurer la liberté du travail. Elle a agi avec une circonscription, une modération et une fermeté auxquelles les autorités ont rendu hommage. Les charges de cavalerie qu'elle a été obligée d'exécuter n'ont provoqué aucun incident, le terrain été dégagé et des arrestations ont été opérées, malgré l'attitude d'une foule compacte. M. le lieutenant Cabley a fait preuve, dans ces circonstances difficiles, d'intelligence, de fermeté et d'énergie, et il a recueilli les éloges bien méritées des autorités civiles et militaires. Cet officier, par ses habiles dispositions, et l'impulsion qu'il a su imprimer à son personnel, a réussi à faire respecter la loi et à disperser les rassemblements séditieux. Je suis heureux d'avoir à signaler à la 8e légion, la conduite de M. le lieutenant Cabley. Peu après, le 5 octobre 1886, cet officier était blessé d'un coup de brique, alors qu'il se trouvait en présence d'environ 6 000 individus. Ses services pendant cette grève lui valurent une inscription d'office au tableau de classement pour la Légion d'honneur.
Désigné, sur sa demande, pour retourner en Afrique, où il avait déjà fait quatre campagnes, M. Cabley fut appelé à commander l'arrondissement de Mostaganem (province d'Oran) par décision ministérielle du 13 janvier 1887. Chevalier de la Légion d'honneur par décret du 5 juillet 1888. Promu capitaine à Nîmes (Gard) le 13 juillet 1891, M. Cabley commanda la gendarmerie aux sanglantes bagarres d'Aigues-Mortes, entre Français et Italiens, les 16 et 17 août 1893. Il reçut, à cette occasion, les félicitations de toute la presse sans distinction, fut cité à l'ordre du jour du corps d'armée et obtint quelques temps après, pour ces faits, une médaille d'honneur, en or, de 1re classe. L'ordre du jour visant sa conduite était ainsi libellé : Le général commandant le 15e corps d'armée signale la belle conduite du capitaine Cabley, commandant l'arrondissement de gendarmerie de Nîmes (Gard), qui a montré pendant les troubles d'Aigues-Mortes, le 17 août dernier, un tact, une énergie et un dévouement dignes des plus grands éloges.
Le capitaine Cabley a été désigné sur sa demande, pour commander l'arrondissement de Pont-Audemer, par décision ministérielle du 30 août 1893. Il compte dix campagnes (une contre l'Allemagne et neuf en Afrique).