L'Île au trésor

 
 
  • Pierre Pelot
  • 2008 | 170ème roman publié
  • SF
 

Date et lieu

Dans les Caraïbes, en 2030

Sujet

Le réchauffement climatique a fait son oeuvre en ce XXIe siècle. Le niveau des océans a grimpé, modifiant le tracé des côtes et la géographie interne des continents. Tout au long de ces rivages redessinés, au coeur d'Etats dévastés et fragilisés, de nouveaux Frères de la Côte sont apparus. Pirates d'une ère nouvelle, pilleurs, mercenaires en tous genres. Flint était l'un d'eux. Un des plus grands, des plus sauvages. Un des plus malins aussi. Tous ses butins, il les a convertis en lingots d'or - seule valeur restée sûre dans ce monde à la dérive - dont il a caché la plus grande partie sur une île connue de lui seul et de ses proches complices.

Quelques années plus tard, sur une île des Caraïbes en partie épargnée par la montée des océans, un certain capitaine Bill échoue dans une taverne tenue par Sally-Sea et son compagnon Trelawey. Traqué par une bande de malfrats qui en veulent manifestement à sa peau, Bill va laisser à Jim, le neveu de Sally-Sea qu'elle a recueilli lorsque sa mère a mystérieusement disparu, ce qui ressemble fort à une carte au trésor.

Splendide hommage au chef-d'oeuvre de Stevenson, revisité à l'aune des considérations les plus actuelles, L'Île au trésor façon Pelot nous rappelle tout le prix et toute la profondeur d'un véritable roman d'aventures (4ème de couverture, 2008).

 

Éditions

Couverture : Néjib Belhadj Kacem.

  • 1ère édition, 2008
  • Paris : Calmann-Lévy, octobre 2008.
  • 23 cm, 285 p.
  • Illustration : Néjib Belhadj Kacem (couverture).
  • ISBN : 978-2-7021-3946-2.
  • Prix : 18,00 €.
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    Première page

    Mon nom c'est Jim Hawkins, mais vous pouvez m'appeler Jim.

    Je vais donc raconter toute l'histoire, du début à la fin.

    L'idée ne vient pas de moi mais de Trelaway, et Trelaway a toujours de sacrées bonnes idées, en général, tous ceux qui savent de qui je parle, dans les îles, vous le diront.

    Personnellement, je connais Trelaway depuis toujours, pour la bonne raison que c'est pratiquement mon oncle. Je dis "pratiquement" parce que si Trelaway était vraiment marié à ma tante Sally-Sea, je veux dire devant la loi, il serait, alors, effectivement, mon oncle véritable, étant donné que tante Sally-Sea est ma vraie tante, la soeur jumelle de ma maman, et que Trelaway est son compagnon. Sean Trelaway. La plupart des gens, ici, l'appellent "Trelaway" et il pourrait tout aussi bien se prénommer Arthur ou Joseph que ça n'y changerait rien.

    "Jim", qu'il m'a dit, "toi qui a la langue bien pendue, tu devrais raconter l'histoire de cette sacrée île et de son trésor dessus, et comment tout ça s'est passé. Personne ne le ferait mieux que toi, partner, je t'assure. J'en suis absolument certain."

    Quelque chose comme ça. Et il est revenu à la charge un million de fois, et tous ceux qui connaissent Trelaway savent que quand il a une idée en tête il ne la lâche pas facilement. Surtout une idée qui lui paraît être bonne, comme c'est généralement le cas... Et si vous voulez mon avis, pour ce qui est d'avoir la langue bien pendue, il ne manque pas de souffle.

    Et il a ajouté aussi : "Et puis, ce ne sera pas seulement pour les gens...".

    Mais ça, c'est pas à dévoiler tout de suite. Trop tôt. Vous comprendrez plus tard.

    Alors me voilà.

    Je m'appelle donc Jim Hawkins et je peux dire sans me vanter que je suis probablement un des principaux personnages de cette aventure. Ce qui est certain c'est que je ne l'ai pas fait exprès. Je me suis trouvé là au moment où il le fallait, et apparemment il le fallait, je pense.

     

    Revue de presse

    La Liberté de l'Est

    Mardi 30 septembre 2008. Bernard VISSE.

    Captain Pierre Pelot, flibustier

    Calmann-Lévy vient de faire paraître L’Île au trésor de… Pierre Pelot. Ecrit en 1881-1883, le chef d’œuvre de Robert-Louis Stevenson est revisité en 2008 par un raconteur d’exception.

    On entre dans une œuvre de Pelot avec la gourmandise d’un critique gastronomique qui s’assoit à une grande table. Qualité de la maison, richesse de sa carte, perfection du service : les papilles s’activent dès le seuil dans l’attente de divines surprises. Avec Pelot, c’est pareil. On sait sa valeur, l’incroyable richesse des mondes qui l’habitent, la qualité de sa langue riche et foisonnante, sa recherche permanente de la belle construction d’une histoire, son respect du lecteur... Et à chaque nouveau livre, notre œil s’allume…

    Cette Île au trésor est un grand cru. Du Stevenson de son enfance, Pelot a tout gardé : la trame, les personnages (Jim Hawkins, Billy Bones, Trelawney devenu Trelaway, Ben Gun…), l’île, l’Hispaniola, les pirates et bien sûr le trésor… L’inénarrable capitaine Flint est mort, la mère de Jim est remplacée par l’accorte tante Sally-Sea, Long John Silver est devenu Johnny Jump Silver, pourvu de prothèses de jambes qui pourraient lui permettre de participer aux jeux paralympiques… Pelot a transposé ce petit monde au XXIe siècle, vers 2030. Hélicoptères et carte du trésor sur un I.a.Phone GPS… Niveau de la mer en hausse, continents redessinés… Planète bouleversée par le réchauffement climatique… Pelot, qui aime à tailler des outils spécifiques pour chacun de ses romans, a imaginé ici un langage coulant, gouleyant, qui rend particulièrement attachante la naïveté de son narrateur en voie d’initiation au monde des adultes. L’effet est stupéfiant : le lecteur se trouve véritablement emporté, comme posé sur l’épaule de ce jeune homme, et partage chacune de ses pensées, chacun de ses gestes. Une œuvre hommage absolument originale, à lire toutes affaires cessantes.

    Pelot, devenu un grand auteur classique, devrait finir par intégrer le catalogue de la Pléiade ! Afin de réparer cet oubli temporaire, les éditions Bragelonne ont réédité récemment, sous le titre clin d’œil « Orages mécaniques », trois de ses meilleurs romans d’anticipation en un seul volume : Kid Jésus, Mais si les papillons trichent et Le Sourire des crabes. Dans une actualité encore récente, lire également la géniale adaptation de Pauvres Zhéros en BD par le talentueux Baru.

    L’Île au trésor, Calmann-Lévy éditeur, 285 p., 18 € / Orages mécaniques, Bragelonne, 497 p., 25 € / Pauvres Zhéros, Rivages-Castermann, 83 p., 17 €.

     

    Le Républicain lorrain

    26 octobre 2008. Michel GENSON.

    Pelot la flibuste

    On sait de Pierre Pelot qu’il a tout petit tété au biberon des aventures au long cours, avec chevauchées poussiéreuses pleines de méchants crotales, de trognes patibulaires et de héros héroïques. A l’occasion, de canonnades et de tempêtes à vous démâter l’imaginaire. Quand proposition lui a été faite de revisiter un de ses romans nourriciers, le pirate vosgien est allé à l’essentiel. L’Ile au Trésor, ce qu’on a fait de mieux. Consulté, Stevenson a immédiatement opiné. Cette nouvelle mouture en manière d’hommage, Pelot l’a voulue à bonne distance entre l’original et la re-création. Nous sommes en 2030, dans les Nouvelles Caraïbes, la Grande Surprise est passée par là, qui a vu les eaux monter jusqu’à former des territoires inaccessibles, là-bas, sur le continent. Un drôle de type chahuté par l’ouragan Carina échoue un jour à la pension Barraco. Dans le bagage de ce capitaine Billy Bones, un I.a.Phone en guise de carte mystérieuse… Ça c’est pour le décor. Mais j’ai gardé la trame, on n’est pas du tout dans le roman de science-fiction. Les personnages sont là, à peine décalés, le jeune Jim Hawkins et le terrible Silver (Johnny Jump) sautillant sur prothèses ¬ La béquille, on trouve plus ¬, l’ombre de Flint bien sûr, et Ben Gun le survivant, particulièrement soigné par un Pelot bigrement à son aise quand il galope dans ses jungles d’adolescence. Cette Ile au Trésor (Calmann-Lévy) version réchauffement climatique fonctionne à plein, comme un retour aux fondamentaux du récit d’aventures.

     

    Télérama

    N° 3077, 3 janvier 2009 - Michel ABESCAT.

    L'Île au trésor ***

    On ne cesse d'admirer l'aisance de Pierre Pelot à passer d'un univers à l'autre, variant les formes et les registres, capable de s'approcher au plus près de lui-même (Natural Killer, Méchamment dimanche) comme de jouer des codes et des genres (L'Eté en pente douce). Sans doute est-il un de nos meilleurs conteurs, grand manieur de langues, inventeur de mondes et de récits. Pelot a l'art de saisir les histoires, de les habiter, de les faire siennes le temps de l'écriture. Cet hommage au célèbre roman de Stevenson en est un bel exemple. Jim Hawkins, Billy Bones, John Silver reprennent ainsi du service plus de deux siècles après leurs aventures originales. Car nous sommes en 2030, la terre est bousculée par de terribles ouragans et le niveau des océans s'est considérablement élevé. Pelot réinvente nos souvenirs de lecture, s'amuse autant que ses lecteurs (de 9 à 99 ans) et réussit la performance de nous embarquer une seconde fois, sans hésitation ni temps mort, sur l'Hispaniola, en route pour l'île au trésor. Version post-apocalyptique.

     

    Page créée le dimanche 28 septembre 2008.