Le Chant de l'Homme mort

 
 
 

Date et lieu

En 1995, à Paris, en Lozère et en Ariège.

Sujet

Pourquoi Magda, la mère de Matthieu Garden, journaliste-explorateur de choc dont les exploits sont connus dans le monde entier, s'est-elle suicidée ? Et qui est cet homme à la voix triste et dure qui téléphone à Matthieu en pleine nuit pour lui dire de ne pas assister aux obsèques de sa mère car sa vie est en danger ? Pour répondre à ces questions, Matthieu va devoir renoncer à l'expédition de survie expérimentale qu'il préparait sur le Spitzberg et se rendre en Ariège, sur les contreforts pyrénéens, afin de découvrir l'inconcevable secret du chant de l'homme mort…

Avec le cycle des aventures de Matthieu Garden, dont Le chant de l'homme mort est le premier volume, Pierre Pelot offre aux amateurs d'insolite et de mystère une œuvre inclassable et magique en forme de thriller métaphysique aux prolongements stupéfiants… (4ème de couverture, 1995).

 

Éditions

Couverture de J.-F. Buntschu.

  • 1ère édition, 1995
  • Paris : Fleuve Noir, juillet 1995 [impr. : 06/1995].
  • 18 cm, 186 p.
  • Illustration : J.-F. Buntschu (couverture).
  • (Aventures et mystères ; 5). Collection dirigée par Daniel Riche.
  • ISBN : 2-265-05140-3.
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    Première page

    II se versa une autre tequila. Le remous de liquide enveloppa la rondelle de citron, au fond du verre. Tequila gold. Combien déjà ? Sans doute un peu trop. Matt répondit, d'un sourire, à celui de Cat-Cathy, qui passait. Il alla reposer la bouteille sur la table.

    - Tu fais le plein ? demanda le nouveau copain de Cat-Cathy. Vous en avez prévu, dans les rations alimentaires de survie ?

    - Naturellement, dit Matt. Et des citrons verts lyophilisés pré-salés. Le must.

    Le type s'appelait Lido - et non pas Ludo, il le précisait chaque fois qu'il se présentait -, genre chemise blanche-cravate en toutes occasions, le cheveu savamment flou, le bagou haut placé, œil de velours à la demande, mâchoire volontaire, sourire superman : un connard. Où donc Cat-Cathy était-elle allée le pêcher, celui-là ? L'espace d'une fraction de seconde, Matt crut voir vaciller l'assurance de Lido-pas-Ludo, une fragilité dans l'œil, hésitant entre sérieux et plaisanterie.

    Matt tourna les talons.

    C'était quoi, cette angoisse ? Cette lourdeur pesant sur le plexus, que ni l'alcool bu, ni la musique, ni l'ambiance agréable flottant sur la réunion d'amis ne parvenaient à dissiper - pourquoi ? Ce pot de départ offert aux très proches n'étaient peut-être pas la meilleure idée qui fût. Mais le moyen d'y échapper ?

    A chaque fois, avant de plonger dans une nouvelle expédition, Matt donnait une petite fête. La première, quelques années auparavant, tombant le jour de son vingt-deuxième anniversaire, avait été placée sous le signe du "si je n'en reviens pas". C'était à l'occasion de la tentative de traversée de l'Australie en ballon. Tentative réussie, merci, film de 52' à la clef vendu à pratiquement toute les télés de la planète. Ensuite, la cérémonie du "si je n'en reviens pas" était passée au stade rituel incontournable.

    Le septième en l'occurrence. Sept, chiffre magique, porte-chance. Septième expédition et la promesse d'un film qui battrait des records. Matt Garden et trois autres cinglés du même acabit tentaient la traversée de l'île du Vestspitsbergen, dans l'archipel arctique norvégien du Svalbard. A pied. Façon survie. Pratiquement trois mois prévus pour la promenade, en espérant être revenus des brouillards avant la nuit de l'hiver polaire.

    Le départ, dans moins de huit jours.

    Pourquoi cette angoisse ?

    - T'as l'air soucieux, remarqua Marie-Fa.

    Elle avait l'air, elle aussi, prête à compatir dans la seconde. Plus jolie que jamais aux abords de la trentaine. Une femme fluide. Des yeux verts comme si c'était la seule couleur possible, à l'évidence. Jamel disait qu'elle lui avait sauvé la vie le jour où ils s'étaient croisés sur le trottoir, devant la boutique ouverte de l'Arabe, à trois heures du matin. Il n'exagérait sans doute pas : il avait bel et bien la tête et l'allure d'un type dont la vie est sauve pour un fameux bout de temps. A quelques pas de là, au bord de la musique qui s'échappait des enceintes, il croisa le regard de Matt et tous deux levèrent, discrètement, leur verre.

    - Ça va, dit Matt. Je picole trop, trop vite, comme à chaque fois, en prévision du manque. Le copain de Cat-Cathy, qui est un futé de première, l'a deviné.

    - Ha ha, dit Marie-Fa, sans rire.

    - Où elle l'a déniché ?

     

    Revue de presse

    La Liberté de l'Est

    1995 (La Liberté des livres). Raymond PERRIN

    Andrevon - Arnaud - Pelot : tiercé gagnant pour la collection "Aventures et mystères"

    Come-back de l'aventure pure et dure pour trois baroudeurs de l'écriture. Le temps, au lieu d'émousser en eux le désir d'écrire, attise un besoin intact et plaisant de raconter des histoires picaresques et troublantes. Ils s'estiment et se connaissent depuis longtemps pour avoir fréquenté les mêmes genres : science-fiction, fantastique, polar ou littérature dite "générale". Le Fleuve Noir les réunit, près des "cadets" Honaker, Pagel, Sarkel et Vila, dans une collection qui ne publie que des inédits insolites et troublants, où l'étrange, tantôt magique, tantôt mystique, voire métaphysique, ajoute son charme à une intrigue riche en rebondissements.

    [...] C'est dans le Sud de la France, en 1995, que Pelot déroule les aventures de Matthieu Garden, un journaliste-explorateur, contraint d'annuler son expédition sur les glaces du Spitzberg, lorsqu'il apprend la mort brutale de sa mère en Lozère.

    Non seulement cette femme ne s'est pas suicidée, ainsi que le prétendent les gendarmes, mais Garden va apprendre avec stupeur que son père, disparu en Amazonie, n'est pas mort ainsi qu'il le croyait. D'étape en étape, soutenu par sa tendre cousine Nadia, accompagné de l'étrange Alex, Matt est exposé à des agressions et à des mystères qui le dépassent. Ce n'est que dans le pays cathare, à Montségur, qu'il percera l'étonnant secret du "Chant de l'homme mort". Comme dans son précédent roman, c'est à une étonnante quête du père que se livre le romancier vosgien, la recherche d'un père si proche et si lointain... [...].

     

    L'Année de la fiction 1995

    Polar, S.-F., fantastique, espionnage : bibliographie critique courante de l'autre-littérature). Amiens, Encrage, 1996. Francis SAINT-MARTIN, page 222

    Apprenant le suicide de sa mère en Lozère, Mathieu se rend sur les lieux. Un mystérieux individu prend contact avec lui. Sa mère aurait été assassinée! Mathieu, las, ne tient pas compte de la nouvelle et rentre chez lui avec la dépouille pour procéder à l'enterrement.

    A l'issue de la cérémonie, il reprend contact avec Nadia, une cousine perdue de vue. Les deux jeunes gens sympathisent et, dans la maison familiale, Nadia et son cousin sont témoins de la visite nocturne d'un homme dans le bureau de la défunte. Mathieu intervient, mais l'homme parvient à s'échapper. Dès lors, Mathieu prend au sérieux les mystères qui entourent la disparition de sa mère.

    Un coup de téléphone lui fixe un rendez-vous. Mathieu s'y rend mais il est pris dans un tourbillon d'événements qui commence par deux morts et l'oblige à reprendre la route de la Lozère avec un compagnon laconique. L'homme prétend en savoir beaucoup sur son père disparu il y a bien longtemps.

    Le voyage, avec la crainte perpétuelle d'être pris en filature, n'amène guère d'éclaircissements dans cette pénible affaire. Nadia rejoint les fuyards, mais l'homme garde le silence. Et puis, en Lozère, tout se déclenche : un groupe d'individus hostiles tente par tous les moyens de les intercepter. Il s'ensuit un échange de coups de feu et des courses-poursuites jusqu'au château de Montségur. Là, l'homme révèle à Mathieu qu'il est en fait son père et que le terrible secret qu'il détient en fait un homme dangereux pour les multiples groupes de pression qui se partagent le monde. Le trésor des Templiers ne serait autre que le corps momifié du Christ qui, ayant survécu à la crucifixion, se serait réfugié en Occident où il aurait fondé une famille. Ses héritiers aujourd'hui, s'ils étaient révélés, pourraient bien réconcilier les trois grandes religions monothéistes. Ce qui ne ferait pas l'affaire de tous.

    Mais les suiveurs n'ont pas lâché la piste et ils finissent par s'emparer du fuyard tout en abandonnant Mathieu et Nadia à leur sort. Un autre homme mystérieux, qui se dit fils du Christ, apparaît alors et leur conseille d'apporter leur témoignage, même sous forme romanesque, pour préparer les hommes.

    * Ce nouveau livre de Pierre Pelot nous montre un auteur de nouveau revenu sur sa piste. Fort de son immense talent de conteur, il se résout enfin à bâtir une histoire qui puisse lui donner prétexte à décrire longuement des personnages épuisés, comme il aime à le faire. Certes, tout n'est pas parfait dans ce roman et l'on peut s'étonner d'un enchaînement de circonstances qui résiste fort mal à la logique ou au simple réalisme. Néanmoins, ce petit livre véhicule en lui deux idées fortes, deux réincarnations : celle du Christ, d'abord, qui forme l'élément clef du livre, mais aussi celle d'un égaré sur la voie du renouveau.

     

    Page créée le mardi 18 novembre 2003.