Ultimes aventures en Territoires fourbes

 
 
 

Date et lieu

De nos jours, dans "un monde quasiment semblable au nôtre, encore qu'un chouïa décalé"...

Sujet

Ici s'achève la première tranche des aventures de Gilbert le Barbant. Dans quels débordements, quelle apothéose dantesque, il faut le lire pour le croire !

Ce roman est le seul pour lequel John Barry ait accepté de composer la musique. C'est dire… (4ème de couverture, 1991).

 

Éditions

Couverture de Vatine.

  • 1ère édition, 1991
  • Paris : Fleuve Noir, juillet 1991 [impr. : 06/1991].
  • 18 cm, 186 p.
  • Illustration : Vatine (couverture).
  • (Anticipation ; 1831).
  • ISBN : 2-265-04549-7.
  • Prix : 26,00 F.
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    Couverture de Jean Solé.

  • 2ème édition, 2006
  • in Konnar le Barbant, la collection intégrale
  • Paris : Éditions Bragelonne, septembre 2006.
  • 20 cm, 448 p.
  • Version intégrale et révisée
  • Illustration : Jean Solé (couverture).
  • ISBN : 2-35294-002-8.
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  • 3ème édition, 2012
  • Paris : éditions Bragelonne, 27 août 2012.
  • (Bragelonne Classic).
  • Livre numérique.
  • 83 p.
  • ISBN : 978-2-8205-0570-5.
  • Le Grand konnar est un vieux héros qui s'ennuie. Il s'ennuie parce qu'au pays des héros, il ne se passe plus grand-chose d'excitant. Pour rompre la monotonie de sa vie de héros retraité, konnar décide d'organiser un concours pour recruter des petits nouveaux hors du pays des héros. Par un hasard surprenant, c'est Gilbert Lafolette qui va remporter ce concours. Pourquoi est-ce surprenant ? Parce que Gilbert est un ringard avec les oreilles en chou-fleur et la carrure d'une allumette... Il faudra une bonne dose de gags pour que Pelot en fasse konnar le Barbant, nouveau fils adoptif du Grand konnar ! Découvrez l'intégrale des aventures de Konnar en cinq volumes irresistibles !
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    Première page

    AVERTISSEMENT AU LECTEUR

    Pourquoi, nous demanderas-tu, Lecteur, un AVERTISSEMENT AU LECTEUR ?

    Et Nous te répondrons : afin que le Lecteur ne puisse pas dire, par la suite, qu'il n'avait pas été averti.

    C'est la première raison.

    Car nous ne sommes que le Narrateur, et non point quelque bureau des réclamations. Le râleur moyen, confit dans sa moyennitude autant que dans la propension à la râlerie tous azimuts, ayant tendance à proliférer, n'a rien à faire ici. Qu'on se le dise. (S'il s'en trouvait un égaré malencontreux, déjà il serait en train de bavasser, après avoir rencontré les mots "moyennitude" et "râlerie".)

    Or donc hop ! les râleurs au vide-ordures, à la corbeille, au fumier, à Bagdad. (S'en trouverait-il lisant ces lignes, un second égaré - de râleur - , sois certain, Lecteur magnanime, qu'ici, au bout de la précédente phrase , notre homme apoplectise. Ceci dit pour l'achever.)

    Mais bref.

    Autres raisons de cet AVERTISSEMENT AU LECTEUR :

    De Lecteur, il en existe de deux sortes au moins. Le Lecteur type A., et le type B.

    Le lecteur type A. est un modèle fort sympathique que nous supposons être une vieille connaissance. Un ami de longue date. Un vieux pote, une vieille branche, un en compagnie de qui on peut péter sans que ça fasse frémir un cil à quiconque, ou roter, aussi. Un en compagnie de qui on ne sente pas obligé de dire des choses - et généralement des conneries - pour que ça ait l'air moins vide.

    Ce vieux poteau, ce frère, ce type A. donc est supposé nous connaître, et savoir où il met les pieds quand il nous lit - cette image, par essence, ne lui faisant non seulement pas peur, mais le ravissant. Il connaît, le brave A., tous nos tics, nos travers, nos défauts, toutes nos errances, nos tentations osées, nos folies, tous nos dérapages, toutes nos faiblesses en ortographe, quasiment. Il nous reniflerait presque à cinq ou six mètres, pour ne pas dire sept. Il ne se fatigue de rien. Il est chez lui chez nous, et vice versa. Le chat dort sur ses genoux.

    Sachant tout ce qu'il sait, le bougre, comment pourrait-il méconnaître un once de précédentes aventures de Gilbert le Barbant, généreusement étalées au vu et au su des peuples ? Comment ? Comment pourrait-il ne pas savoir que lesdites précédentes s'intitulent, dans l'ordre : LE FILS DU GRAND KONNAR - SUR LA PISTE DES ROLLMOPS - ROLLMOPS DREAM - GILBERT LE BARBANT : LE RETOUR. Même éditeur.

    Nous ne nous adressons donc pas à ce vieux type A., il ne nous en voudra pas.

    Maintenant, le type B. Ah ! (Non. Pas " B-A ". Le type B. - point - et plus loin : Ah !)

    Le type B., c'est l'Inconnu. Ce peut-être tout et n'importe quoi, vraiment. L'entrepreneur en travaux publics, le marchand de vins, l'employé de SVP, la standardiste, la mère de famille, le voyageur dans le métro, le clodo, le comédien, l'électricien, le retraité, le pré-retraité, le retraité en puissance, l'apprenti retraité, l'étudiant retraité, l'écolier-retraité, est-ce que je sais encore ?

    A celui-là, le B., le pauvre B. dont Nous ignorons tout, de comment lui faire plaisir à comment ne pas le vexer, tout et tout et tout, à ce mystère impalpable mais néanmoins vivant - pour Nous, derrière notre machine à composer les mots, autant que nous le sommes sans aucun doute pour lui -, à celui-là s'adresse L'AVERTISSEMENT AU LECTEUR.

    Nous le connaissons tellement peu, le cher B., que Nous ne savons même pas, tout Narrateur que nous sommes, s'il est un Lecteur. Si ça se trouve, là, Nous Nous cassons le cul à lui faire des phrases, tout ça pour avoir l'air aussi con qu'un calta sans marais, un enfer sans damnation, un Mickey sans mouse, ou n'importe quoi sans ce qui va avec et l'empêche d'être n'importe qui. Peut-être qu'il n'est même pas Lecteur, Lecteur, te rends - tu compte, ce Lecteur hypothétique que nous avons pris la peine de classer pourtant dans les B.

    Ben alors.

    Peut-être que.

    Comptant sur le hasard, qui fait l'ordre des choses, Nous lui adressons pourtant, généreux, cyranesque, L'AVERTISSEMENT qui Nous occupe en ces instants.

    Et nous ne craignons pas d'interpeller le néophyte, afin qu'il ne s'étonne point d'être plus tard interpellé souventement, de toutes sortes de manières et façons, sur tous les styles, sans qu'on l'en eût prévenu auparavant.

    Parce que ce qui va suivre ne sera pas de la tarte. Risque même de se révéler touffu.

    Pour ne pas dire embrouillé.

    Nous n'irons pas jusqu'à l'emploi du terme " confus ", non, mais pour certains, pourtant…

    Ca va être par moments, sûr, un fameux bordel.

    Vous voilà tous, les A. comme les B., avertis.

    Et maintenant, levons le rideau, ouvrons le ban, enclenchons la sono, tatari-tara-tara, passons aux choses du sujet dans le vif, sérieux, Nous nous étions dit qu'un AVERTISSEMENT AU LECTEUR de cinq pages dactylographiées ferait l'affaire - eh oui, tout ça fait cinq pages dactylographiées. Dingue, non ?

    Bon, allez - en avant.

     

    Revue de presse

    L'Année de la fiction 1991

    Polar, S.-F., fantastique, espionnage. Encrage, Amiens, 1992. Pages 246-247, Francis SAINT-MARTIN

    La situation devenue plus claire, nous retrouvons nos personnages sur la route du château du père de Bernard.

    Si certains complotent encore, tout notre petit monde chemine paisiblement lorsqu'il tombe dans une embuscade tendue par un barbare local. Fallait s'en douter! Mais ce n'est pas très grave puisque les barbares décident, plutôt que de détrousser les voyageurs, de les protéger pour le reste du voyage (l'explication donnée par l'auteur est si peu crédible que nous vous en épargnons le récit).

    Le voyage se poursuit sans que règne, entre les deux groupes, une ambiance amicale, la méfiance est de rigueur. Mais la seule menace réelle qui se manifeste est celle exercée par un barbare exhibitionniste. La menace vire au ridicule et bientôt l'on n'y pense plus.

    Valentin, qui tient à son rôle de traître d'opérette, informe le chef des barbares des personnalités du groupe et en particulier de celle, double, de Priscilla/Jacky-Marc. Un plan maléfique germe alors dans l'esprit du pillard qui s'empare de la chanteuse, espérant que les Rollmops paieront une forte rançon pour la récupérer. Hélas, nous ne sommes plus qu'à quelques chapitres de la fin et l'auteur a probablement fini de payer ses traites, aussi il laisse tomber cette intrigue naissante et en particulier le sortilège qui donnait à Jacky-Marc les formes avenantes de Priscilla. Bernard reporte son intérêt vers la barbare Milia, assez gironde elle aussi.

    Par ailleurs, attirés par de faux bruits, Konnar et le père de Bernard arrivent sur les lieux, trouvent tout le monde réconcilié. Bref, c'est la fin et ce n'est pas trop tôt!

    * Le lecteur qui a accompagné Pelot dans sa carrière, depuis les éditions Marabout, sait que son auteur favori a changé : le Pierre Pélot, capable d'enflammer les pages d'un livre, n'est plus. Et même, avec cette piètre série de cinq volumes, gonflés au-delà de la mesure, il sombre dans le ridicule. D'un fond de tiroir déjà médiocre lors de sa parution originale, il a composé une vaste dilution, un écoulement incontrôlé, soigneusement calibré pour en tirer tout le mépris dû au lecteur. N'est pas San Antonio qui veut! Sautant sur tous les poncifs et loin de toute originalité, il n'a fait dans cette suite insipide, que se moquer de lui-même. "Parodie" des textes d'héroïc-fantasy, sa triste pantalonnade n'arrive même pas au niveau du plus mauvais.

    Souhaitons qu'il s'agisse d'une escroquerie délibérée. Si ce n'est le cas, nous, qui fûmes de vieux amis tout au long d'une carrière jadis riche, tremblons pour cet ex-raconteur d'histoires.

     

    Page créée le samedi 15 novembre 2003.