La Nuit du Sagittaire

 
 
  • Pierre Pelot
  • 1990 | 132ème roman publié
  • SF
 

Date et lieu

Dans un futur pas si lointain, à Paris et dans les Vosges.

Sujet

Vous qui payez la redevance, vous qui êtes abonnés à une chaîne, vous les télé-citoyens, vous les teltoys, venez jouer avec nous. BUT DU JEU : éliminer tous les hors-jeu. RÉGLE DU JEU : les Gibiers ignorent qu'ils sont désignés par le jeu. Ils ne l'apprennent qu'au moment de la mise à mort. PARTICIPANTS : sur les plateaux, les Chasseurs aidés de leurs équipes de Stratèges. Sur le terrain : les pions, évidemment, c'est-à-dire les Traqueurs, les Rabatteurs et… les Gibiers.
Sans compter les milices de volontaires, qui assurent la protection des Chasseurs et des honnêtes gens. Sur tout le territoire, il y aura deux millions de Gibiers. Quel tableau de chasse ! Le monde va devenir enragé dans les heures à venir. Et si vous ne faites pas partie du PAF, vous ne faites pas partie du monde. La Loi déclare la Chasse ouverte ! (4ème de couverture, 1990).

Il n’était pas vingt et une heures et déjà la quasi-totalité de la population de la capitale s’était réfugiée au fond de ses appartements, devant les écrans. Six millions de teltoys passionnés, derrière leurs murs et leurs portes closes, spectateurs avides des premières Éliminatoires du Jeu qui allaient se dérouler en province, en attendant d’être eux-mêmes impliqués directement, Chasseurs et Gibiers, pour la finale du Grand Hallali. Six millions de teltoys sur Paris, dix fois plus sur tout le territoire de la France Démocrate Réformée. Dans la province de l’Est, tirée au sort pour le premier engagement, ils étaient environ vingt millions d’individus, pareillement claquemurés dans leurs villes, leurs maisons, pareillement fouaillés par la tension du Jeu dont les mécanismes allaient se mettre en branle… avec, en plus, pour ceux-là, la peur de se découvrir Gibiers, la peur d’entendre sonner à leur porte en même temps qu’ils verraient la main gantée presser sur le bouton d’entrée, en gros plan sur l’écran, et de voir surgir à la fois sur le tube cathodique (ou le plan à cristaux liquides, ou toute forme de fenêtre de diffusion) et chez soi la horde des Archers. (Présentation de l'éditeur, 2013).

 

Éditions

Couverture de Wojtek Siudmak.

  • 1ère édition, 1990
  • Paris : Presses Pocket, décembre 1990 [impr. : 12/1990].
  • 18 cm, 188 p.
  • Illustrations : Wojtek Siudmak (couverture et hors-texte).
  • (Science-Fiction ; 5338). Collection dirigée par Jacques Goimard.
  • ISBN : 2-266-02980-0.
  • Prix : catégorie 7.
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  • 2ème édition, 2013
  • Paris : éditions Bragelonne, 29 avril 2013.
  • (Bragelonne Classic).
  • Livre numérique.
  • 164 p.
  • ISBN : 978-2-8205-0973-4.
  • Prix : 2,99 €.
  • Il n’était pas vingt et une heures et déjà la quasi-totalité de la population de la capitale s’était réfugiée au fond de ses appartements, devant les écrans. Six millions de teltoys passionnés, derrière leurs murs et leurs portes closes, spectateurs avides des premières Éliminatoires du Jeu qui allaient se dérouler en province, en attendant d’être eux-mêmes impliqués directement, Chasseurs et Gibiers, pour la finale du Grand Hallali. Six millions de teltoys sur Paris, dix fois plus sur tout le territoire de la France Démocrate Réformée. Dans la province de l’Est, tirée au sort pour le premier engagement, ils étaient environ vingt millions d’individus, pareillement claquemurés dans leurs villes, leurs maisons, pareillement fouaillés par la tension du Jeu dont les mécanismes allaient se mettre en branle… avec, en plus, pour ceux-là, la peur de se découvrir Gibiers, la peur d’entendre sonner à leur porte en même temps qu’ils verraient la main gantée presser sur le bouton d’entrée, en gros plan sur l’écran, et de voir surgir à la fois sur le tube cathodique (ou le plan à cristaux liquides, ou toute forme de «fenêtre de diffusion») et chez soi la horde des Archers.
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    Première page

    Il faisait toujours partie du nombre, malgré tout, en dépit de ce que signifiait sa présence ici. Même si elle mentait, l'impression n'en était pas moins agréable, vaguement grisante : vivre cet instant, là, à l'insu de tous.

    Il s'efforçait de pousser la tricherie sur ce plan, également : se convaincre que personne ni rien ne pouvait savoir qu'il se trouvait à cet endroit.

    Son véritable nom n'était pas Daniel Payle.

    Son véritable nom n'était pas Daniel Payle, et sans ce nom, pourtant, Daniel Payle se demandait parfois quelles auraient été les couleurs de sa vie au cours de ces vingt dernières années… C'est au bout de ces vingt dernières années qu'il avait commencé de se poser la question (qui existait en lui depuis tout ce temps, bien entendu, et qui avait germé patiemment, lentement, puisant sa force grandissante à chaque nouvelle aube de chaque nouveau jour à vivre) ; depuis l'instant où il s'était rendu compte qu'il avait pris la décision, et que c'était un pas décisif qu'il venait de franchir. Avant ce temps-là, il n'était tout simplement pas conscient de ce qui le hantait. Tout simplement mal à l'aise, de temps à autre… et sans vouloir prendre la peine d'isoler, d'identifier le virus de la "maladie".

    Pendant vingt ans et plus, en quelque sorte, Payle avait porté des vêtements qui n'étaient ni tout à fait de son style, ni tout à fait à sa taille, et il s'en était accommodé, et c'est ainsi qu'il avait existé. Ce n'était jamais que deux lettres enlevées de son nom véritable, remplacées par une troisième.

    Il soupira. Frissonna. Il tressaillit, les épaules secouées, des dents claquant brièvement. Pourtant, il n'avait pas véritablement froid, pourtant, le sourire qui passa sur ses lèvres n'exprimait certainement pas la joie : au mieux, une sorte de grimace vaguement satisfaite en rapport avec cette impression mensongère qu'il éprouvait d'être arrivé sans encombre à une étape de cette course qu'il menait en solitaire. S'agissait-il réellement d'une course ? Etait-ce le bon terme ? Ne valait-il pas mieux songer au mot "fuite" ?

    "Je ne m'enfuis pas !" se répondit mentalement Daniel Payle. Il frissonna encore. S'enfuir - vraiment s'enfuir -, c'est avant tout supprimer de sa conscience jusqu'à l'éventualité même de l'existence de cet endroit que l'on quitte - que l'on efface. C'est ne plus conserver d'espoir que pour ailleurs.

    Tandis que Payle, lui, pouvait se dire : "Je n'ai pas perdu tout espoir pour ici, puisque je crois pouvoir participer à sa destruction…".

     

    Épigraphe - Dédicace

    Dédicace : aux renards et aux fous,
    en voie de disparition,
    morts ou vifs

    Épigraphe : D'abord, la télévision vous ment.
    Ensuite, la télévision vous tue (P. Twofold).

     

    Revue de presse

    L'Est républicain

    31 janvier 1991. Michel CAFFIER

    Un sacré "Pavé" dans la mare

    Pierre Pelot publie un rugissant roman sur l'univers de la télévision.

    Quelle bonne idée de mettre en lettres "maousses" le nom d'un auteur. Une couverture bleu acier. Un titre : La Nuit du Sagittaire. La couleur du roman : "Science-Fiction". Et le clignotant : "Pelot" avec un Pierre, discret, entre l'arrondi du "P" et le talus du "L".

    Parler de lui aujourd'hui, c'est un peu voler au secours de la victoire après tant de succès et d'adaptations cinématographiques ou télévisées, mais il n'est pas nécessaire d'être Champollion pour trouver de l'intérêt et du plaisir à regarder les pyramides.

    Quand on ne lit pas du Pelot tous les jours et qu'on découvre qu'il s'adresse "aux renards et aux fous, en voie de disparition, morts ou vifs", on en prend plein les mirettes dès les premières lignes : "Il faisait toujours partie du nombre, malgré tout, en dépit de ce que signifiait sa présence ici". Chez Angelo Rinaldi, ce serait génial. Chez un barbu vosgien, c'est énigmatique. Et à deux coups, comme les fusils : "son véritable nom n'était pas Daniel Payle, et sans ce nom, pourtant, Daniel Payle se demandait parfois qu'elles auraient été les couleurs de sa vie au cours de ces vingt dernières années".

    Le lecteur inhabituel cahote encore un peu sur les "coups de fone" à donner, s'étonne à peine de croiser un "professionnel schizoïde", puis, ayant assimilé ces épices, d'un parfum nouveau, goûte et savoure une lecture dense, parfumée, décapante, musclée, percutante et essentiellement dérangeante. On se plaint, non sans raison, que l'audiovisuel tue la lecture : voici un livre qui descend en flammes le PAVE (paysage audiovisuel élémentaire) et vous donne mauvaise conscience quand vous zappez entre deux jeux débilissimes.

    Du côté de chez Boury-Gras

    Pierre Pelot, comme l'avait fait l'année dernière René-Victor Pilhes avec La Médiatrice, a inventé un univers télévisé qui s'inspire de fort près de notre PAF quotidien. La chaîne TOU (Télé One Two) appartient à Bet-Arm Corporation que dirige le président Boury-Gras. Le grand animateur Jean-Olivier Sabrastiez, disciple de Mollux, est chargé de présenter pendant 24 heures d'affilée les éliminatoires du Grand Hallali se déroulant sur le territoire de l'Est : "superficie de la Lorraine - quatre anciens départements - plus ceux de la Haute-Saône, du Jura. Ca fait en gros quinze à vingt millions de teltoys".

    Ce grand jeu du Sagittaire est une chasse à l'homme organisée avec des équipes de rabatteurs et de chasseurs pour traquer, après délation collective ou individuelle des "cibles désignées par le Tribunal", des suspects et, au hasard des bavures, quelques bonnes occasions. Les commandos filmés en direct raflent des points proportionnels à la personnalité des victimes foudroyées par les flèches de poison.

    L'extermination des "renards"

    Pierre Pelot raconte cette ahurissante et hallucinante partie de flipper destructrice à partir du destin d'un écrivain, Daniel Payle, qui lui ressemble et pas seulement parce qu'il vit dans une maison isolée au Chaume des Ballons. Cible à 60 000 points, c'est un insurgé, un révolté, inquiet des dévoiements de la démocratie et indigné des conséquences de la médiocrité et du pouvoir du "Paysage audiovisuel élémentaire". Double de lui-même sous le pseudonyme de Peter Twofold, Daniel Payle constate : "D'abord la télévision vous ment. Ensuite la télévision voue tue". Plus tard, il conclut : "Ceux qui s'imaginent encore que l'amour serait le moteur du monde, ceux-là peuvent-ils savoir à quel point ils se trompent ? Le moteur véritable, c'est la peur".

    On retrouve les renards du début massacrés par la "peur exacerbée de la rage". La fable est claire.

    Il faut lire Pelot pour ne pas mourir gibier.

     

    Magazine littéraire

    N° 286, mars 1991, page 84

     

    L'Année de la fiction 1991

    Polar, S.-F., fantastique, espionnage, Encrage, Amiens, 1992. Page 247, Laurent GREUSARD

    L'Europe dans quelques années. Il faut être dans la norme, sinon l'on est dénoncé. Les suspects sont jugés anonymement à la télévision, puis éliminés par des équipes de chasseurs. Les meilleurs chasseurs régionaux s'opposent dans Paris, le tout étant filmé pour la plus grande joie de tous. Cette année, c'est la région Est qui débute les éliminatoires, commentées par le sémillant Sabrastiez. Les équipes se mettent en chasse.

    Pendant ce temps, deux journalistes se rendent chez Daniel Payle, l'écrivain populaire. Il a réussi à faire éditer un livre contre la Chasse et va s'enfuir en Finlande après cette ultime interview ; mais Mathieu, son fils, est un chasseur : il se doute que son père est une Cible qui, abattue, lui vaudra les honneurs. Mathieu tue son père sous les yeux de la caméra.

    Malgré un sanglant incident (Sabrastiez tué en direct, sur le plateau, car il est lui aussi un opposant!), la Chasse est un si beau spectacle que la Finlande le préconise à son tour.

    * Pierre Pelot est l'un des romanciers français les plus prolifiques (SF, sous son nom ou celui de Suragne ; policier ; fantastique ; western ; régionalisme ; juvénile) de ces dernières années. A la manière du cinéaste Jean-Pierre Mocky, il allie le rythme des aventures et la dénonciation de phénomènes de société (ici, les noms des personnages sont transparents). Son style est rapide, angoissant, cynique. Il signe, avec La Nuit du Sagittaire, un grand roman populaire, digne de sa grande période des années 70.

     

    Sud-Ouest dimanche

    7 avril 1991. François RAHIER

    Qui se souvient des renards ?

    La Nuit du Sagittaire est un récit féroce et désespéré. Description d’un univers, où, une fois l’an, l’homme est chassé, traqué comme un renard.

    Tout vient à point à qui sait attendre. Annoncé il y a plus de deux ans dans une collection mort-née, mais paraissant au moment d'un formidable coup médiatique qui a laissé à bon nombre un goût amer, La Nuit du Sagittaire de Pierre Pelot n'en prend que plus de relief.

    Début du XXIe siècle : la France s'endort dans une "démocratie" faite de démissions, de veulerie et de mépris. Le réel est détourné au profit d'une représentation trafiquée et manipulée, la citoyenneté est médiatisée, la délation devenue un jeu. Une fois l'an, la chasse à l'homme, aux "hors-normes", est retransmise en direct, et l'audimat témoigne du civisme de chaque "tel toy" fiché par une tique d'identité sous-cutanée. Un homme seul, un écrivain, joue son va-tout.

    Le sujet n'est pas neuf, et le livre ou le film, de Running Man à Rollerball, nous ont souvent proposé des lendemains qui déchantent. Mais Pelot, en vieux routier, s'installe magistralement dans la fable. Son récit, qui pratique peut-être un peu trop l'ellipse sur un univers à peine décalé par la parabole de la fiction et dont on souhaiterait quand même connaître les arcanes, s'attarde cependant avec amour sur la province vosgienne, figée dans une nuit d'hiver.

    Le roman est d'une rigueur classique. Unités d'action, de temps, de lieu (presque), concourent à lui donner la froideur glacée d'une tragédie, avec Œdipe à la clé... A trop vouloir "tuer le père" pour le bien de tous, on finit par perdre de vue l'incontournable filiation des hommes : "J'ai un fils que je ne connais pas... Je ne lui ai même pas appris à écouter les renards aboyer la nuit." Le ton, de plus en plus personnel, laisse transparaître à la fin le désarroi de l'auteur découvrant le véritable moteur du monde, la peur, dont l' exacerbation finira par justifier le massacre général des renards. C'est à eux que le livre est dédié : la métaphore est limpide.

    Une satire féroce, un thriller presque intimiste par moment, un plaidoyer anarchiste désespéré et lucide, sans outrances faciles : le plus noir peut être des romans de Pelot.

     

    La Liberté de l'Est

    14 février 1995. Raymond PERRIN

    Pierre Pelot : un maître reconnu de la science-fiction et du fantastique français

    [...] Un nouvel opium : les médias de l'avenir

    L'Amérique et les médias suscitent chez Pelot les mêmes sentiments ambivalents et contradictoires d'horreur et de fascination. Comment ce fou d'images ne se sentirait-il pas impliqué dans le procès de la télévision ou de la vidéo, lui qui s'est nourri d'images cinématographiques ou vidéo. (…)

    Davantage qu'un mensonge, la télévision par une nouvelle allégorie, est accusée d'être une tueuse. L'écrivain Daniel Payle qui veut dénoncer toute la tricherie du système télévisuel n'échappera pas à la chasse entreprise lors du grand Jeu de La Nuit du Sagittaire. Pelot s'attache aussi à la falsification de la réalité par les médias propose en outre une réflexion sur l'anarchie, notion à laquelle il est viscéralement attaché [...].

     

     

    30 juin 2004. Raymond PERRIN

    Gare aux exclus du "panorama audiovisuel" !

    Dans La Nuit du Sagittaire, Pelot ne se contente pas de dénoncer le mensonge télévisuel. Par cette nouvelle allégorie, il accuse la télévision d'être une tueuse. L'écrivain Daniel Payle s'est retiré dans la vallée en arc de cercle de la "Chaume-sur-les-Ballons", dominée par les sommets enneigés des montagnes, prêt à accorder une dernière interview à la journaliste Birg Haries. Le grand "Jeu National du Sagittaire" doit justement se dérouler dans ces provinces de "l'Est", et il le sait. Son fils Matthieu, éloigné de lui, moralement et physiquement, fait partie de ces archers qui traquent le gibier, c'est-à-dire tous les "Suspects" susceptibles subitement de devenir des "Cibles". Le système d'exclusion, déjà entrevu dans La Guerre olympique, se réalise pleinement ici. Gare aux exclus du "PAVE" : "Si vous ne faites pas partie du paysage audiovisuel élémentaire, vous ne faites pas partie du monde" ! Il suffit d'une dénonciation, la délation étant considérée comme un devoir civique, par exemple pour un manque de punch dans le travail, ou en ayant une vague attitude de méfiance à l'égard du système, pour basculer dans l'autre camp que celui des "teltoys", les citoyens rivés corps et âmes à leur écran. Pour agiter "les troupes de Rabatteurs, les Traqueurs, les milices de teltoys civils hors-jeu, volontaires pour assurer la protection des Chasseurs et des honnêtes gens", le président de la "Bet-Arm Corporation" a choisi Sabratiez, un présentateur aussi bouffi de mauvaise graisse que de vanité démagogue. Quand la jeune Jessica Hunt, se croyant une cible, refuse de se laisser abattre comme un mouton et poignarde un archer, elle introduit la chasse dans la chasse. Décidée à survivre coûte que coûte, elle aura finalement plus de chance que Daniel Payle qui, pendant ce temps, confesse à Birg qu'il a adopté le pseudonyme de Peter Twofold, pour le roman La Nuit du Sagittaire, récit dans lequel il dénonce la tricherie de tout le système. Il est lui-même piégé, surveillé, enregistré et le sait peut-être. C'est une cible très cotée : à 60 000 points ! De plus, l'archer Matthieu Payle, disposé à faire "cracher ses cinq tubes", arrive devant la maison paternelle, alors que Sabratiez a déjà été éliminé en direct pour sa liaison avec "une activiste subversive". Au-delà de ces péripéties, Pelot s'attache à la fois à la notion de réalité telle que la diffuse la télévision ou le roman. Il attaque "cette représentation falsifiée du réel qu'est ce sacré panorama audiovisuel élémentaire", et une civilisation du paraître où il suffit d'être vu pour croire que l'on existe. Il propose en outre une réflexion sur la démocratie trop souvent dévoyée. Pour Daniel Payle, "la règle du jeu démocratique, qui passe par celle d'une majorité active au détriment d'une minorité qui subit, est la pire duperie qui soit. Le pire mensonge." Cette défense des minorités, des droits de l'individu, se trouve amplifiée dans l'apologie de l'anarchie, une notion à laquelle Pelot est attaché viscéralement et qu'il développe dans plusieurs romans.

     

    Page créée le vendredi 14 novembre 2003.