Nos armes sont de miel

 
 
  • Pierre Pelot
  • 1982 | 93ème roman publié
  • SF
 

Date et lieu

En 3302, dans l'espace...

Sujet

Parce que leur planète n'est plus que cendres, des millions de Terriens rêvent de fuir.... et Tinny Faitts a trente ans, en cette année 3302, lorqu'il s'embarque à bord de Harpon 77, l'un des vaisseaux de l'immense flotte qui part vers les étoiles. Harpon 77 est le seul à réussir la traversée du super - espace, mais il se retrouve perdu dans l'univers, à court d'énergie, avec des ordinateurs fous.

Une reconnaissance est tentée. Tinny Faitts et ses compagnons découvrent une planète habitée. L'air et doux, l'accueil souriant, les femmes belles dans leur nudité. Un monde idéal ou le plus dangereux des pièges ? (4ème de couverture, 1982).

 

Éditions

Couverture de Tibor Csernus.

  • 1ère édition, 1982
  • Paris : J'ai Lu, mars 1982 [impr. : 12/03/1982].
  • 17 cm, 255 p.
  • Illustration : Tibor Csernus (couverture).
  • (Science-Fiction ; 1305).
  • ISBN : 2-277-21305-5.
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    Couverture de Olivier Frot.

  • 2ème édition, 2000
  • Pantin : Éditions Naturellement, décembre 2000 [impr. : 11/2000].
  • 18 cm, 245 p.
  • Illustration : Olivier Frot (couverture).
  • (Les Introuvables ; 1). Collection dirigée par Marc Bailly.
  • ISBN : 2-910370-12-7.
  • Prix : 10,47 €.
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  • 3ème édition, 2014
  • Paris : éditions Bragelonne, 14 avril 2014.
  • (Bragelonne Classic).
  • Livre numérique.
  • 181 p.
  • ISBN : 978-2-8205-1508-7.
  • L’homme n’a jamais su se contenter de ce qu’il avait. Alors il a fait la guerre. À ses voisins, à ses amis, à ses ennemis. Et une fois la victoire acquise, il a joui de son pouvoir. Puis il en a voulu plus, toujours plus. Jusqu’au jour où tous les hommes se sont battus, où tous ont vécu la souffrance, la peine et le désespoir, et tous ont décidé qu’il était temps d’en finir. Alors ils ont déclaré la paix. Mais comment survivre dans un monde dévasté, dont les ruines leur rappellent sans cesse leurs erreurs passées ?
    C’est ainsi que quatre-vingt-dix-sept vaisseaux ont été envoyés à la découverte de nouvelles galaxies. Mais sur les quatre-vingt-dix-sept, seul un a survécu à la traversée. Atterrissant sur une nouvelle planète peuplée de femmes nues, sans lois ni gouvernement, les survivants vont chercher à comprendre ce mode de fonctionnement qui leur est si étranger : s’agirait-il d’un monde idéal ou d’un traquenard ?
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    Première page

    D'ABORD :

     

    Cette période de l'histoire que les hommes, plus tard, appelleraient "l'Age des Conflits", s'acheva dans le milieu du mois de juillet 2250. Le 16 juillet 2250, très exactement, et très officiellement.

    Pendant un siècle, ou peut-être même davantage (c'était difficile de se souvenir et les mémoires-documents stockés dans les archives de différentes nations avaient été partiellement détruits), les incendies les plus abominables qui se puissent imaginer avaient embrasé la planète Terre. Les incendies, et tout le reste : l'enfer, gueule ouverte, s'était graduellement installé à la surface de la planète, les démons avaient surgi des abysses et n'avaient guère eu de peine à contaminer l'humanité tout entière. C'était comme si les humains soi-disant civilisés n'avaient attendu que cet instant de la folie libérée, depuis ce jour lointain au bout du temps où l'un d'entre eux, plus tout à fait singe et à peine sapiens, ramassa la première pierre.

    L'Age des conflits avait vu déferler sur Terre les horreurs les plus inimaginables. La première pierre brandie par ce guerrier couvert de poils était retombée depuis longtemps sur le crâne d'un "ennemi" stupéfait... Les belligérants d'alors, quelques millénaires après ce coup d'éclat, pressaient sur des boutons, appuyaient sur des détentes et ne connaissaient de leurs adversaires que des champs de bips sur des écrans de supervision : les satellites-espions dessinaient les cartes des batailles qui étaient ensuite données en pâtures aux ordinateurs affamés. Et la mort tombait du ciel, enflammait l'atmosphère de contrées entières, empoisonnait ce que le feu n'avait pas dévoré.

    L'holocauste aurait pu être total, c'était certain, et beaucoup plus rapide. Définitif. Les nations en guerre le savaient et chacune d'elles, évidemment, voulait faire partie du camp vainqueur - chaque nation espérait qu'il y aurait un vainqueur : la folie qui poussait les pays dans l'affrontement général, au gré des alliances, n'était pas encore véritablement suicidaire. Pour cette raison, principalement, le conflit se tordit et enfla sur plus d'un siècle de temps, avec des crêtes d'intensité indicible, des moments creux, des hurlements de rage et des gémissements douloureux : les deux premières puissances en guerre entraînèrent derrière elles le cortège des armées des pays alliés, la fureur se propagea sur toute la surface du globe, progressivement, inéluctablement.

    La guerre était évidemment d'origine économique, avec de part et d'autre des intentions hégémoniques flagrantes, mais comme de bien entendu elle se cachait derrière les masques de l'idéal généreux, du patriotisme, de la politique, de l'honneur, etc. Les mensonges de toujours. Les hommes civilisés étaient pour cela de véritables artistes et cultivaient l'hypocrisie comme personne : se battre pour le simple profit, parce qu'on a peur, qu'il faut être fort, qu'il faut écraser le voisin pour ne pas être écrasé par lui... tous ces motifs étaient bons pour les "sauvages" des temps anciens : un des principaux apports de cette civilisation toujours en équilibre entre la pierre taillée et les grands philosophes était cette morale que l'on digérait mal dans l'absolu mais que fort heureusement on pouvait distordre à loisir dans la quotidienneté vécue. On mourait donc pour de nobles causes, toujours, d'un côté comme de l'autre, et les assassins grimés en chefs d'état, avec leurs cohortes de bourreaux, de séides grimaçants sous les cloches protectrices des "gouvernements", tiraient les ficelles du spectacle grand-guignolesque ; ils étaient les derniers à mourir. Fatalement. Il fallait bien continuer à parler de patrie, d'honneur, de survie, de légitime défense. Il fallait bien que les hérauts demeurent pour trompeter l'hymne à la connerie, presser les boutons et faire valser les pantins hypnotisés.

    Des millions et des millions de morts furent comptés avant que se dessillent enfin les yeux hagards des pantins.

     

    Revue de presse

    Fantastik

    N° 10, juillet-août 19.. . Claude ECKEN, page 80

    Partis dans l'hyperespace, des millions de terriens débarquent sur une planète paisible et accueillante, presque paradisiaque tant on y vit en totale liberté. Les conquérants comprennent mal qu'il n'y a chez ce peuple aucune trace d'animosité et cherchent à déceler le piège. Avec ce nouveau roman, Pelot tient surtout à nous présenter une société anarchiste, dans la lignée de celles esquissées dans L'Enfant qui marchait sur le ciel et dans Transit. Il s'attache surtout à effacer le côté utopique de la civilisation, cherchant à démontrer que vivre sans chefs ni lois, sans armes ni travail obligatoire est possible. Ce n'est pas le paradis pour autant : les accidents existent et on souffre ou pleure comme partout ailleurs. La différence réside dans la totale liberté des actes de chaque individu.

    On n'y croit que le temps d'un livre, ce qui n'est déjà pas si mal, surtout quand le livre en question est un bon Pelot.

     

    L'Année 1982-1983 de la Science-Fiction et du fantastique

    Dirigée par Daniel Riche. Paris : Temps futurs, 1983. Page 122

    Parce que leur planète n'est plus que cendres, des millions de Terriens rêvent de fuir.

     

    Page créée le lundi 3 novembre 2003.