Du Plomb dans la neige

 
 
 

Date et lieu

En 1973, sur une des pentes du Ballon d'Alsace, non loin de Saint-Maurice-sur-Moselle.

Sujet

Pierre-Fendre. C'est le nom du village. D'ailleurs, peut-on appeler cela un village ? Une douzaine de maisons, nichées dans ce trou de forêt, sur une des pentes du Ballon d'Alsace. Douze maisons, et des habitants qui se connaissent tous, qui sont nés là, pour la plupart, et qui mourront là. David Cortes, lui, n'est pas né là. Ni Madeleine. Mais David est du pays, pourtant. Un Vosgien. S'il est parti, s'il a été absent pendant de nombreuses années, il est revenu, un jour. Il s'est installé là, pour élever des chevaux, dans cet embryon de village qui s'appelle Pierre-Fendre, et où il ne se passe jamais rien. Jamais rien.

Jusqu'à cette tempête de neige qui se lève brutalement sur la montage, un soir. Dans la tempête, les deux hommes, les deux étrangers sont arrivés. Ils ont attendu, dans la salle basse de l'unique bistrot… Ils ont attendu qu'un troisième homme surgisse de la bourrasque, et ils lui ont tiré dessus tous les deux. Est-ce un hasard si le seul lien qui relie le village à la "civilisation" - la ligne téléphonique - est coupé ? Doit-on accuser la tempête ? Ou bien… (4ème de couverture, 1974).

La petite histoire... Ce roman a été adapté pour la télévision (palette graphique PaintBox) en 1983 par Patrick Lefko (France 3 Lorraine).

 

Édition

Couverture de Michel Gourdon.

  • 1ère édition, 1974
  • Paris : Fleuve Noir, IV/1974.
  • 18 cm, 217 p.
  • Illustration : Michel Gourdon (couverture).
  • (Spécial police ; 1138).
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    Première page

    - Ça t'a jamais fait ça ? demanda Mocky sur un ton qu'il voulait détaché.

    Mais ça ne prenait pas : il y avait l'œil, et cette façon de tordre la bouche en coin, et cette décontraction, en somme, qui n'était pas dans l'attitude habituelle de Mocky.

    Louis enclencha la troisième. Il avait un profil dur de bandit calabrais, comme on en voit dans les films. Le profil et la face. D'ailleurs, il était calabrais naturalisé, vacciné et tout le tremblement, mais pour ce qui est de l'origine, il ne pouvait pas nier.

    - Qu'est-ce que ça m'a jamais fait ? demanda-t-il dans un souffle, les paroles glissant tout autour du cigare à embout plastifié qu'il serrait entre les dents.

    - Un truc, comme ça, dans le ventre.

    Du bout des doigts, Mocky se tâta l'estomac, appuyant trois ou quatre fois en essayant de ne pas trop grimacer, juste au-dessus de la crosse du revolver qui dépassait de sa ceinture.

    - Un truc qui se tortille… Merde, ça me prend un peu après que j'ai bouffé, depuis un moment.

    - Non, dit Louis. Ça me fait jamais ça.

    On lui demandait une chose, et dans la mesure du possible il répondait… Mais pour ce qui était de développer…

    Mocky garda le silence un moment, les yeux rivés sur le pare-brise et le va-et-vient des essuie-glaces. La neige tombait de plus en plus dense. C'était comme ça depuis le matin… mais réellement sérieux à présent. A la sortie de Giromagny, c'était devenu sérieux, et ça continuait pour l'ascension du Ballon. Autre chose qu'une jolie danse de flocons blancs… De chaque côté de la route, les branches des sapins pliaient déjà sous deux ou trois centimètres de neige, et cette même épaisseur collait au revêtement de la route. Pas de traces sur le tapis vierge. Rien. L'impression d'être les seuls êtres vivants à des kilomètres à la ronde, écrasés sous le silence glacé. Rien que le ronronnement du moteur.

    - A dix contre un que c'est un ulcère, ou une merde comme ça, dit Mocky.

    - Tout le monde a un ulcère, maintenant, dit Louis.

    Du côté droit de sa bouche, il fit passer son cigare à gauche.

    - Tu en as un toi ?

    - Non.

    Silence. La route qui grimpe, les virages qui se suivent. A droite, en contrebas, un lac gelé, tout blanc. Avalé très vite par le mur des sapins qui borde la route. Les flocons, gros comme ça, qui dansent et qui dansent… Cela n'a rien d'ordinaire, des flocons pareils. Des monstres. Tu en prends trois et tu fais une boule de neige. A peine si j'exagère…

     

    Revue de presse

    L'Est Républicain

    7 décembre 1974. Ch. FINEL

    Cent millions d'anciens francs, c'est l'argent d'un audacieux hold-up. Des hommes décidés à tout font irruption en pleine tempête de neige qui fait rage dans un coin du massif du Ballon d'Alsace : Pierre-Fendre. Les routes sont bloquées, le téléphone est coupé. Tout au long de son roman, il nous tient en haleine. David, Go, une femme et des montagnards... Qui va l'emporter ? L'amitié, l'amour, les éléments déchaînés ?... Que restera-t-il au bout de cette longue nuit d'hiver dans la montagne vosgienne, où, d'habitude, il ne se passe rien ?... (C'est le premier policier de l'auteur).

     

    Page créée le lundi 20 octobre 2003.