Comme se meurt un soleil

 
 
 

Date et lieu

En Utah, au milieu du XIX° siècle.

Sujet

La justice n'est pas la même pour les hommes blancs et les hommes rouges. Devant son peuple condamné à la misère, un chef indien tente de parvenir à une solution pacifique.

Rejeté, bafoué, ignoré par les autorités, il se résout, avec le courage du désespoir, à sacrifier ses fiers guerriers. C'est l'épopée de la fin d'un peuple, tandis que les femmes et les enfants cherchent des pistes plus heureuses. (4ème de couverture, 1966).

 

Édition

Couverture de Pierre Joubert.

  • 1ère édition, 1966
  • Verviers (Belgique) : Gérard & C°, [avril] 1966.
  • 18 cm, 147 p.
  • Illustrations : Pierre Joubert (couverture), ill. intérieures et 4ème de couverture tirées d'une gravure de Frederic Sackrider Remington (1861-1909) : La Charge vers le soleil.
  • (Marabout Junior Western ; 329).
  • Carte de l'Utah et environs (p. 4) et notes : "Comment s'éteint une race", non signées (pp. 149-151).
  •  

    Première page

    C'était le milieu du jour, l'instant des ombres courtes sur le sol. Le soleil crachait un flot de lumière brûlante; l'air était immobile, sans le moindre souffle. Immense, le ciel de juin étalait son manteau de chaleur abrutissante d'un horizon à l'autre. Il n'y avait pas le moindre vol de teals, de courlis, pour pointiller l'azur vibrant, pour mettre une note vivante dans ce paysage figé, vaincu par la clarté aveuglante. Il n'y avait rien.

    Simplement, le soleil au zénith ; simplement, la montagne argentée, là-bas, à l'est ; simplement, les collines arides, sèches, rocailleuses, à l'entour de Rangers-Point ; et puis le désert, le sable. Le sable...

    Planté au pied des collines, le poste de Rangers-Point paraissait abandonné, ce jour-là. Pourtant, dans le corral situé derrière le magasin civil, plus de soixante chevaux supportaient la chaleur du mieux qu'ils pouvaient groupés sous le ridicule couvert d'un toit de ronces sèches suspendu entre quatre piquets.

    A quelques yards du magasin civil, parallèlement à l'étroite piste qui vient d'Euréka-Trail, se trouvait le baraquement du Bureau Indien. Le bâtiment, à peine vieux de deux ans, construit en pierres sèches, était massif et dur, blanc comme craie sous la lumière du ciel. Sous la véranda de planches qui prolongeait la bâtisse sur toute sa façade, l'ombre était crue, brute : l'ombre appelait.

    Mais il n'y avait personne dans cette ombre. Personne. Rien qu'un rocking-chair vide, à côté de la porte fermée, et un maigre chien jaune étalé de tout son long sur le plancher de bois trop sec.

     

    Revue de presse

    Aucune critique recensée.

     

    Page créée le jeudi 9 octobre 2003.